Et pourtant ça marche...

Christophe Deltombe, ancien président d'Emmaüs France
Alternatives Economiques n° 326 - juillet 2013
couverture
France : cinq raisons de ne pas désespérer
juillet 2013

Imaginez une structure spécialisée dans la récupération d'objets destinés initialement à la décharge pour les réparer et les revendre. Considérez que son personnel est embauché, non pas sur des critères de compétence et en fonction des besoins de l'entreprise, mais selon les places disponibles. Ajoutez que les personnes peuvent y rester toute leur vie si elles le souhaitent et partir quand elles le veulent. Admettez que toutes les personnes y perçoivent la même rémunération et bénéficient des mêmes avantages tels que l'hébergement, sans rapport avec leur productivité. Observez que la structure refuse toute subvention de fonctionnement. Et vous constaterez que cette structure peut fonctionner et dégager les recettes suffisantes pour faire vivre de 30 à 50 personnes et parfois plus de 100.

Rassurant

De quel genre de structure s'agit-il ? D'une communauté Emmaüs. Ou plus précisément des 116 communautés Emmaüs françaises qui se sont donné un pari supplémentaire : dégager 5 % à 10 % de leurs recettes pour des actions de solidarités externes. 4 200 compagnons sont ainsi accueillis dans les communautés pour un chiffre d'affaires annuel de 120 millions d'euros et une collecte de 200 000 tonnes de marchandises, c'est-à-dire autant de déchets évités ! Si on ajoute que les personnes accueillies sont des exclus, marginalisés, SDF, sortant de prison, en rupture familiale et sociale, chômeurs de longue durée, etc., on a ainsi la démonstration que personne n'est irrécupérable, que par des dispositifs d'organisation, d'accueil, de reconnaissance et d'accompagnement des personnes on peut faire marcher une entreprise. N'est-ce pas rassurant ?

Christophe Deltombe, ancien président d'Emmaüs France
Alternatives Economiques n° 326 - juillet 2013
 Commentaires
Jean Pierre VALLET, le 02/07/2013 à 17:43
Oui ça marche, non sans difficultés parfois mais ça marche. J'ai partagé cette belle expérience pendant 13 ans comme "ami" c'est à dire bénévole j'ai exercé différentes responsabilités, président, secrétaire, trésorier et puis aussi caissier du magasin de la communauté. Ce modèle est-il pour autant généralisable ? Certainement pas, mais il prouve qu'à côté d'une économie mercantile d'autres formes économiques sont possibles.
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