Michel Aglietta


Alternatives Economiques Poche n° 021 - novembre 2005

Né en 1938, Michel Aglietta est représentatif d’une génération d’ingénieurs économistes qui ont joué un grand rôle dans la décision économique en France. Polytechnicien et administrateur de l’Insee de 1964 à 1975, il écrit en 1976 Régulation et crises du capitalisme, ouvrage fondateur de l’école de la régulation. Parallèlement à sa carrière universitaire à Nanterre, Michel Aglietta poursuit des travaux de recherche appliquée au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) et a étroitement participé à la construction de la monnaie unique européenne.

La violence de la monnaie

Michel Aglietta découvre, lors de son voyage aux Etats-Unis, que les sources de la croissance et ses conditions de stabilité ne procèdent pas de la même logique. La recherche du profit provoque des transformations qui déstabilisent la société. Et la résolution des conflits dans un cadre politique démocratique entraîne la formation d’institutions qui, en retour, régulent l’accumulation du capital et la répartition des revenus. C’est la thèse soutenue dans l’ouvrage fondateur de l’école de la régulation, Régulation et crises du capitalisme.

Puis Michel Aglietta, en collaboration avec André Orléan, concentre ses recherches sur une analyse de la monnaie, en cohérence avec la théorie de la régulation. Il utilise les travaux de l’anthropologue René Girard, auteur de La violence et le sacré (1re éd. en 1972 chez Grasset), pour construire la thèse de La violence de la monnaie (1982). Le rapport marchand est un rapport violent que la monnaie permet de réguler, explique l’ouvrage. La monnaie est donc ambivalente : elle est au fondement du contrat social, car elle signifie l’appartenance à une même communauté, mais c’est aussi sur elle que se fixent les convoitises et les violences. A partir de 1982, la finance se libéralise et les crises bancaires se multiplient, confirmant l’hypothèse sur la violence de la monnaie. Aussi, dans La monnaie entre violence et confiance (2002), Michel Aglietta et André Orléan poursuivent et développent la thèse de l’ambivalence de la monnaie, en revenant sur les crises financières des années passées.

Ses écrits

Régulation et crises du capitalisme (1976), éd. Odile Jacob, 1997.

La violence de la monnaie (1982), avec André Orléan, éd. PUF, 1984.

Macroéconomie financière (1995), coll. Repères, éd. La Découverte, en 2 tomes, 2001.

FMI, de l’ordre monétaire aux désordres financiers, avec Sandra Moatti, éd. Economica, 2000.

La monnaie entre violence et confiance, avec André Orléan, éd. Odile Jacob, 2002.


Alternatives Economiques Poche n° 021 - novembre 2005
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