Visite de la maison de retraite Alquier-Debrousse

Claire Alet
Article Web - 18 mai 2011
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Des bâtiments beiges des années 1980 récemment restaurés, des arbres, des bancs, des salariés en train de prendre leur pause déjeuner sur la terrasse et quelques résidents qui déambulent dans les allées arborées… L'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) public Alquier-Debrousse, dans le 20e arrondissement de Paris, ne ressemble pas aux images d'austères mouroirs encore trop souvent associées aux maisons de retraite. Il faut dire que de nombreux établissements publics ont bénéficié depuis une dizaine d'années de travaux de rénovation. Et cet Ehpad fait partie de ceux qui ont obtenu la note d'appréciation la plus élevée à Paris (8,5/10) dans Le guide de la dépendance 2011[1].

« Nous sommes complets »

Alquier-Debrousse est un des 14 établissements gérés par la mairie de Paris via le centre d'action sociale (CAS). Il est aussi le plus grand : 303 chambres peuvent accueillir 325 résidents. « Nous sommes complets en ce moment », explique Dorothée Claude, directrice adjointe. Pas étonnant, quand on sait que les places en maisons de retraite manquent particulièrement en région parisienne. Du moins les places à des prix abordables. Par exemple le groupe privé Korian propose des chambres simples à 148,87 euros la journée dans le 15e arrondissement. Quand le tarif d'Alquier-Debrousse est de 76,40 euros. De plus, l'établissement est habilité à l'aide sociale (voir article « Le marché des maisons de retraite »), distribuée par la ville. Actuellement, 63 % des résidents en bénéficient. « Ici, nous accueillons des personnes qui ont été SDF, il y a une vraie mixité sociale », affirme Dorothée Claude.

A quoi il faut ajouter une ouverture sur le quartier : au rez-de-chaussée du bâtiment principal se trouve un centre de santé et de gérontologie pour les habitants des environs. Et des échanges intergénérationnels : une halte-garderie municipale jouxte le hall de la maison de retraite. Deux fois par semaine, les jeunes enfants et les personnes du centre d'accueil de jour se retrouvent autour d'activités communes. Ce centre, appelé « Les Balkans », dispose d'une quinzaine de places pour des personnes atteintes d'Alzheimer ou de troubles apparentés, qui vivent encore chez elles. Dans cet espace qui rappelle la configuration d'un grand appartement, les personnes âgées bénéficient d'activités telles qu'arts plastiques, atelier mémoire, commentaire de la presse, etc.

L'Ehpad est composé de trois bâtiments comprenant treize salles à manger, trois salons de coiffure, un restaurant pour les familles, une pharmacie interne. Ici, les personnes arrivent en moyenne à 87 ans. Un âge qui ne cesse d'augmenter du fait du prolongement du maintien à domicile et de l'allongement de la vie en bonne santé. Du coup, les personnes accueillies sont de plus en plus dépendantes. D'où un taux d'encadrement élevé (de 0,8 personnel par résident). Un ratio supérieur à la moyenne nationale, mais qui pourrait être remis en cause. En effet, Alquier-Debrousse est l'un des 900 établissements concernés par le système dit de « convergence tarifaire », instauré depuis 2009.

Comment financer la dépendance ?

Concrètement, ces établissements doivent faire en sorte que leur dotation soins - la somme attribuée par la Sécurité sociale pour toutes les activités relatives aux soins - ne dépasse pas un certain plafond d'ici à 2016. Or, aujourd'hui, cette dotation soins, bien négociée au début des années 2000 par Alquier-Debrousse avec la Sécu, dépasse le plafond. « Notre objectif, malgré cette contrainte, est de ne pas supprimer de postes », explique Frédéric Laburthe-Tolra, adjoint à la sous-directrice du CAS de Paris. Comment ? En augmentant l'offre de soins afin d'augmenter le plafond, notamment en ouvrant une unité d'hébergement renforcée (UHR) pour laquelle deux dossiers de candidature ont été déposés, à effectifs constants. Autrement dit, travailler plus pour gagner toujours autant. Et ne pas fermer de postes. « La qualité de services et de soins auprès des personnes âgées passe par les effectifs, affirme Frédéric Laburthe-Tolra. Mais dans son état actuel de déficit, la Sécurité sociale ne peut pas financer de dépenses supplémentaires nettes. Cela pose la question du mode de financement de la dépendance. C'est tout l'objet du débat actuel ». Un débat qui devrait aboutir à un projet de loi cet automne.

Claire Alet
Article Web - 18 mai 2011
 Notes
  • (1) Le guide de la dépendance, par David Jacquet et Patrick Lelong, J. T. L Editions, 2011.
 Commentaires
fatima, le 13/11/2012 à 19:35
BONJOUR JE CHERCHER UN TRAVAIL je termine les école et je reste a la maison et je regard le cette alternative bien et je change la vie svp
fatima, le 13/11/2012 à 19:36
BONJOUR JE CHERCHER UN TRAVAIL je termine les école et je reste a la maison et je regard le cette alternative bien et je change la vie svp
tarita, le 17/02/2015 à 01:33
en jetant un œil rapide pour la visite de la maison de retraite Ehpad Alquier Debrousse.. belles photos.. mais est ce que la bientraitance est respectée ? ? car trop de personnes préfèrent ne rien dire de peur que leur parent soit encore plus isolé, abandonné.. alors.. après autant d'années.. moins de laxisme ? ou toujours en option, pas prendre en compte les doléances des enfants de vos résidents ? ? quand enfin allez vous réagir ?? ? car comme le stipule le code de la déontologie, le code de la santé publique, code du centre d'action sociale et autres, pas des moindres .. quand même sans les rappeler
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